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Comment réduire son empreinte carbone en décoration d'intérieur

On parle de plus en plus d'empreinte carbone, ou d'émission de CO2, notamment depuis les derniers rapports du GIEC : d'ici à 2050, chaque humain sur la planète devra consommer une équivalence en CO2 de 2 tonnes maximum par an, si l'on veut limiter la dégradation du climat et de la planète. Mais sais-tu qu'en moyenne, un français est aujourd'hui à une consommation d'environ 10 tonnes par an ? C'est énorme, n'est-ce pas ? Tous les aspects de notre vie sont concernés, à commencer par le transport, la nourriture et le chauffage, qui sont les principaux émetteurs. Mais en ce qui nous concerne, comment peut-on mesurer et limiter l'impact carbone de nos intérieurs et de ceux de nos clients ?



Mesurer l'impact carbone du mobilier en décoration d'intérieur


A titre individuel, il est extrêmement difficile d'évaluer chaque meuble, chaque produit que l'on va prescrire à nos clients, car nous n'avons pas l'ensemble des données qui nous permettraient de le faire. Cependant, il existe une sorte de calcul moyen qui nous permet déjà d'avoir un aperçu succint sur ce que représente globalement quelques meubles types dans un habitat. Cette base de données provient de l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie) :


Pour faire simple, si je reprends l'analyse ci-dessus, cela voudrait dire que si un client achète deux armoires neuves dans son projet de rénovation en 2050, il devra arrêter toute consommation autre (transport, nourriture, énergie, etc.) pendant un an, avant de remettre ses compteurs à zéro. C'est à ce moment-là, normalement, que tu comprends l'importance d'investir dans du mobilier durable que tu ne vas pas changer tous les quatre matins...).



L'analyse du cycle de vie d'un produit en décoration d'intérieur


Les bases de l'ADEME sont un bon début, mais comme précisé, cela reste une moyenne. Alors, concrètement, comment fait-on pour comparer une chaise en plastique fabriquée en Chine avec une chaise en bois FSC fabriquée en France ?

Pour cela, il est important de comprendre comment fonctionne l'analyse du cycle de vie (ACV) d'un produit, et surtout d'avoir en tête ce qu'il comprend comme données.


En premier lieu, il faut se renseigner sur les matières premières du produit : elles sont souvent multiples, ce qui a tendance à complexifier l'analyse que l'on peut en faire. Par exemple, un canapé est constitué de tissu, de mousse, de pieds en bois, de ressorts en métal, etc. Tous ces éléments sont issus de matières premières plus ou moins impactantes, qu'il va falloir quantifier tant sur leur impact carbone que sur leur proportion dans le produit pour se faire une idée de l'impact global du produit, rien que sur cet aspect.


Une fois ces matières extraites, elles vont être transformées. On arrive à l'étape de fabrication du produit. Là encore, c'est important de savoir dans quelle mesure cette transformation impacte l'environnement : quelle énergie est utilisée dans l'usine ? comment sont gérées les conditions de travail ? y a t-il plus de chutes que de matière conservée ? comment sont gérés les déchets ? Pour te faire une idée de solutions qui sont mises en place dans certaines entreprises, je t'invite à écouter l'épisode 17 du podcast avec Guillaume de Home Spirit : "Rien ne se perd, rien ne se jette, tout se transforme".


Le produit est créé, il peut désormais sortir de l'usine de production pour être mis à la vente. C'est l'étape du transport. Pour cela, le fabricant passe bien souvent par des réseaux de distribution, ou pour certains, vont livrer le client final directement depuis l'usine. Cependant, la distance qui sépare l'usine du client final est souvent très importante selon le pays de fabrication, et c'est sans compter les kilomètres déjà parcourus par les matières premières qui parfois viennent de France pour être transformées en Asie avant de revenir sous forme de produit fini en France. On marche sur la tête hein ? Eh bien c'est un peu la même chose avec les réseaux de distribution : ils centralisent la marchandise dans leurs entrepôts pour gérer leur logistique, ce qui veut dire que si ton client est à Lille, et que tu achètes une chaise fabriquée dans le Nord de la France auprès d'un distributeur en ligne basé à Marseille, tu auras fait traverser deux fois la France à ta chaise, pour rien...


Au-delà du transport, les réseaux de distribution ont un autre inconvénient pour l'environnement, c'est l'emballage. En effet, il n'est pas rare que certains réseaux achètent les produits en marque blanche afin de garder bien au chaud et en toute discrétion les noms des petits créateurs. Résultat, ils déballent tout pour remballer avec leur propre packaging logoté, et ça fait double perte de cartons ou autres papiers bubulle. Même si j'ai toujours adoré l'éclater pour me déstresser un bon coup, je trouve ça dommage pour l'environnement...


Le produit finit par arriver chez le client final, qui va enfin pouvoir en bénéficier (quand l'emballage ne lâche pas avant la ligne d'arrivée, bien entendu...). A ce stade, la plupart des produits commencent réellement leur "vie" en termes d'usage, et pourtant, c'est à partir de ce moment qu'ils vont le moins impacter la planète. En effet, l'extraction des matières premières, la transformation et le transport sont nettement plus impactant que l'usage même d'une chaise, d'une armoire ou même d'un luminaire (sauf bien sûr si tu t'éclaires encore au charbon). C'est pourquoi il est vraiment important de comprendre et de sensibiliser les clients sur le fait qu'il est primordial de conserver au maximum ce qui fonctionne encore et donc de faire les bons choix pour un usage durable dans le temps. Changer de déco tous les 2 ans, c'est cautionner tout ce que cela implique et que l'on ne voit pas, mais c'est aussi impacter sa santé : le mobilier neuf est très souvent gorgé de composés organiques volatiles (COV) qui sont nocifs pour la santé. Ces COV sont présents dans les colles, les peintures, les matériaux ignifugés, traités, etc. et se respirent principalement pendant les premières années d'utilisation. Raison de plus pour ne pas renouveler trop souvent son mobilier !


Et ensuite, que se passe t'il ? Un meuble qui arrive en fin de vie a plusieurs solutions, ce qui encore à ce stade, calcule jusqu'au bout l'analyse du cycle de vie du produit. Est-il modulable pour s'adapter aux dimensions de la nouvelle maison ou aux nouveaux usages ? Est-il réparable pour éviter de tout jeter s'il contient une partie abîmée ou tâchée ? Et dans le pire des cas, est-il recyclable ? Tout cela est pris en compte dans l'ACV d'un produit, et c'est ce qui lui donne une note, ou plutôt un éco-score, chez Eco Impact.



Les solutions pour limiter l'empreinte carbone en décoration d'intérieur


Maintenant que tu sais de quoi il s'agit, cela va te permettre de prescrire et acheter en conscience, pour tes clients et ta propre empreinte carbone.

A l'heure où tu lis cet article, tous les produits de décoration, mobilier et de la maison ne sont bien sûr pas encore éco-notés, mais sache que c'est quelque chose qui à terme, deviendra obligatoire, comme dans le secteur de l'alimentation. D'ici là, rien ne t'empêche de te renseigner sur tes fournisseurs chouchou et ce qu'ils vendent, en leur posant quelques questions (les critères de notation d'un ACV vont t'aider à leur poser les bonnes questions).


Au-delà de bien te renseigner sur ce que tu vas vendre à tes clients, sache que la seconde main a également de nombreuses vertus : tu peux chiner localement (réduction de l'impact transport), des meubles anciens (robustes, qui ont déjà dégagés leurs COV depuis belle lurette), et comme son nom l'indique, leur donner une seconde vie (en les pimpant un peu, tu proposes même des pièces uniques à tes clients ! C'est merveilleux, n'est-ce pas ?).


Et pour finir, n'oublie pas que tu peux aussi orienter tes clients à conserver une partie de l'existant, pour limiter l'impact carbone en même temps que le budget, mais tu en connais déjà tous les avantages si tu as écouté l'épisode de podcast n°16 : "La décoration écologique ne coûte pas forcément plus chère".



Pour conclure, c'est toujours intéressant d'avoir en tête l'impact global d'un produit et de comprendre tout le parcours depuis l'extraction des matières premières jusqu'à sa fin de vie. Pour cela, il ne faut pas hésiter à questionner ses fournisseurs, qui sont toujours contents de pouvoir mettre en avant leur démarche d'éco-conception quand elle existe. Et avant d'aller chercher du produit neuf, pense à faire un état des lieux de l'existant chez tes clients ainsi que te pencher sur les solutions de seconde main, ce qui te permettra de réduire considérablement l'impact carbone de tes projets.

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Coralie Vasseur, auteure du blog de La Déco Responsable

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